13 septembre 2007

Quand je serai vieille...

Rose2En traversant le parc ce matin j'ai pensé à la vieillesse, à la mienne. Qui serais-je quand je serai vieille? Je sais c'est un sujet tabou. Il ne faut parler ni de vieillir ni de mourir. Il faut parader. Et pourtant comme une évidence, une image s'est imposée à moi : Rose de Titanic le film de James Cameron. La vieille pas le jeune bien sûre. Cette petite mamie toute frippée aux beaux yeux bleux pétillants de jeunesse et de malice. Sa touche d'exentrisme, sa vie si bien remplie, ses passions passées, je veux qu'un jour elles soient miennes. Vivre intensément le plus longtemps possible et apprendre une douce sérénité qui permet de voguer doucement vers la mort sans aigreur sans noirceur , en paix avec soi. Savoir qu'on a vécu à fond jusqu'au bout. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à elle. Son impertinence qui transparait sous l'éclat du regard, le geste final du bijou jeté à la mer, cette histoire qui fait rêver son jeune auditoire quand elle l'a conte ... sans doute... mais surtout sa beauté intemporelle qui fait que même vieille et frippée elle reste belle et vieille... je voudrai vieillir comme elle. 

25 juillet 2007

Où suis-je?

Je_pars_et_je_reviensJe me réveille doucement. Je suis dans un demi sommeil. Dans cet état si doux, si suave où on est pas encore et où on est déjà là. Ce moment si précieux où on reprend les manettes de sa machine à rêve pour leur faire dire ce que l'on veut, pour reprendre la fin de l'histoire et la changer, en faire une belle histoire qui se termine bien pour que la journée qui commence soit belle. Tout est clair, les rêves sont là comme un film qu'on regarde de l'intérieur. Peu à peu quand la conscience s'éveille les couleurs s'estompent, le rêve revient en noir et blanc...avant de s'évaporer pour laisser place à la réalité.

Je me suis réveillée l'autre matin et pendant une demi seconde , je ne savais plus où j'étais. Dans ma nouvelle maison, dans mon ancienne appart? et puis pas de bruit, pas de voitures qui passent, pas de camions poubelles...le silence ... si anormal... j'étais là bas déjà ... dans cette nouvelle vie qui me tend les bras, dans cette nouvelle vie qui m'attend.

Pourtant l'ancienne est là avec sa réalité de cartons à faire, de vêtements à trier. Mon dieu qu'est ce que j'ai pu accumuler depuis si longtemps.Quelques semaines encore à vivre être suspendue entre deux vie une ancienne qui s'achève une nouvelle qui commence. Et pourtant je refuse de dire que je pars, je suis toujours là. Je veux transcender la distance, raccourcir les kilomètres, grâce au net et à ce petit clavier je suis toujours là et déjà ailleurs. Comme si l'espace et le temps commençaient à avoir une autre dimension.

Je ne pars pas je pars et je reviens c'est tout. 

 

26 mai 2007

Pensées du moment...

Partir, revenir, ...changer, bouger, vibrer, ....trier, choisir, jeter, garder, acheter, ne pas oublier, ne pas se faire oublier, anticiper ...l'angoisse de partir , l'exitation de l'arrivée, poser ses valises dans un autre lieu, un autre endroit, une autre vie, une autre ville, un autre pays...Recommencer, reconstruire, revivre? s'émerveiller, renaitre parce qu'avant on est mort un peu...découvrir d'autres gens qui font à leur façon ces petites choses du quotidien, universalité et particularisme, curseur qui s'emballe, qui a raison? qui à tord? a-t-on raison? a-t-on tord? accepter la différence sans juger, comme un cadeau, comme une chance, attention au mythe de l'exotisme, à l'extase béate devant la vaste supercherie de la réalité humaine qui se déguise sous d'autres atours... illusion de nouveauté...les cabines téléphoniques sont rouges, les bus à étages, et ils n'ont pas (encore) coupé la tête de leur reine, et alors sont -ils vraiment différents?.... en surface, au fond ... et puis après tout ça compte aussi ...la surface ... pourquoi toujours privilégier le sacro saint fond et regarder avec dédain la forme , le packaging , le papier cadeau...je l'aime moi le beau papier cadeau avec un gros noeud rouge...attendre, c'est pas pour tout de suite, ça va arriver vite, très vite, trop vite?...

22 avril 2007

Voyage dans le XVIII

Surtout ne pas parler de politique alors ...

Odalisque_boucherLucile la luciole m’a prise la main et m’a faite voyager à travers le XVIII. J’en avais les souvenirs flous (les philosophes des lumières, l’idée du bonheur) des bancs d’école et d’université, et puis une

Le_verrou_fragonard12 douce impression de légéreté et de raffinement que m’avait laissé l’excellent Marie Antoinette de Sofia Coppola, non pas comme film historique mais comme film d’atmosphère … bref depuis quelques semaines je découvre, redécouvre la peinture, l’esprit, l’histoire, les idées de l’époque…ce qui me frappe c’est combien le XIX avec son puritanisme et sa bonne moralité a laissé son empreinte jusqu’en 1968 (?)… et a été une sorte de retour en arrière.

Par sa légèreté, sa frivolité, son libertinage et bien sûre son élitisme, le XVIII a incarné un art de vivre, un art de vivre à la française. La sensualité des peintures de Boucher (les fesses reflètes de la belle odalisque) et Fragonard en particulier son magnifique Verrou , atteste d’une époque de liberté, d’une peinture féminine, une peinture de l’intime où même les enfants apparaissent comme sujets de tableau. Le rôle joué par les favorites et la belle Marquise de Pompadour qui devint de fait le premier ministre du roi, sans parler des salons,  montre aussi que les femmes avaient un pouvoir, d’influence certes, mais un pouvoir qu’elles perdront il me semble mais je peux me tromper au XIX.

Les intrigues de cours décrites par les historiens, cet art du bon mot, de l’esprit dont Patrice Leconte a fait le sujet de son film Ridicule ont laissé des traces dans notre société moderne. Je n’ai pas pu m’empêcher de retrouver dans ces intrigues de palais, celles qui existent encore d’aujourd’hui dans nombre de nos grandes entreprises, le fait du prince, les privilèges, les amis que l’on place et qui vous sont redevables d’une faveur que l’on exercera quand il le faudra bien. J’ai le sentiment diffus que l’héritage du XVIII est toujours présent dans la société d’aujourd’hui. Ces relents de charmante décadence propre au XVIII se retrouvent dans la France d’aujourd’hui. Est-ce que le mal être actuel ne ressemble pas à celui qui nous mena à la Revolution ? ...je m’égare sans doute …mais intuitivement je perçois des similitudes…surtout ne pas parler de politique...

08 février 2007

Salvador Mogador (Essaouira)

CapoeraJ’ai posé ma valise. J’en ai repris une autre et je suis repartie. 3 petits tours et puis s’en vont …

J’ai compris à Salvador ce que je ressentais depuis toutes ces années à Mogador. Il y a dans ces deux villes quelque chose de ténébreux, comme  une souffrance larvée, une gravité cachée.

C’est la musique qui m’a fait comprendre. La musique de la Capoeira à Salvador : une petite salle étouffante, des néons insupportables qui font une lumière blafarde. Tout devient laid même la beauté. Dans cette école de Capoeira qui puait la sueur des corps en transe, j’ai retrouvé les rythmes envoutant du Gnaoua d’Essaouira.

Comme une révélation infame, j’ai vu des images insupportables : des hommes, des femmes, des enfants à la peau d’ébène. Ils embarquent à Mogador et arrivent, s’ils arrivent, à Salvador. A travers la musique, la danse, la Capoeira, c’est leur âme, leur souffrance et leur formidable rage de vivre que j’ai sentie presque palpable soudain.

J’ai été chavirée de tristesse et malgré moi d’une certaine honte d’avoir la peau si blanche.

17 décembre 2006

Journée à Beaubourg (part II) : Qu’est qu’une œuvre d’art ?

Klein_1 Yves_klein_sponge_relief_f_1Monsieur Klein, le roi du marketing artistique. J’aime les tableaux de Klein mais il pose une vraie question : où est la frontière entre l’art et la déco ? Est-ce que l’esthétisme est une valeur suffisante pour qualifier une œuvre d’art ? Si je devais définir une œuvre d’art, le principal critère serait l’émotion : est ce que je ressens quelque chose devant tel ou tel tableau, telle ou telle œuvre en général? Indépendamment du j’aime/ je n’aime pas, une émotion n’est pas simplement, forcément positive. On peut être choqué, surpris, inquiétée, fasciné, effrayé … par une œuvre d’art. On aura ressentit quelque chose, loin de l’indifférence.

Revenons en à Klein, les monochromes sont beaux. Quand on s’assoit face aux magnifiques toiles bleues, le fameux bleu Klein, en y regardant bien on voit, on imagine ? des taches, des zones plus foncées. Mister D. me racontait que plusieurs collectionneurs avaient acheté des monochromes à Klein qui étaient exposés dans un ordre bien précis. Quand ceux-ci sont venus les chercher dans son atelier le peintre avait intervertit les toiles. Et bien chacun des collectionneurs s’est dirigé naturellement vers la toile qu’il avait choisit. Il y voyait quelque chose que les autres ne voyait pas. C’est sans doute le pouvoir d’une œuvre, d’un tableau, rester unique pour chacun.

J’ai beaucoup aimé les tableaux fait avec le feu … et bien sûre les fameux anthropométries. Ce qui est intéressant, c’est plus le processus en lui-même, les films et la mise en scène de Klein, que le tableau en lui-même. J’aime son travail sur la matière avec les éponges.

Klein séduit par son univers, sa démarche, même si celle-ci n’a pas forcément un sens comme il le dit lui-même. Plus tard , pendant la visite Mister D, me dit « regarde il y a plus de monde dans la salle projetant des films, exposant des lettres, des écrits de Klein, qui  apportent des éléments d’explication sur son oeuvre, contextuel … que devant les tableaux. » Le besoin du sens. Toujours ce besoin inénarrable de découvrir le sens d’une œuvre d’art. Doit –elle toujours en avoir du sens ?

Une découverte : Benjamin Toguo. En me promenant dans la salle des nouvelles acquisitions, j’ai suis tombée en hébétude devant un tableau, une aquarelle, de Benjamin Toguo, superbe inquiétant mais plein de profondeur et de substance.

11 décembre 2006

Journée à Beaubourg (part I) : Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?

J’ai passé la journée à Beaubourg avec Mister D. Quel plaisir de pouvoir échanger nos impressions, de commenter des tableaux, de délirer sur leur sens.

Rauschenberg Rauschenberg, Combines où comment réaliser une création artistique à partir d’objets de la vie quotidienne.

L’œuvre de Robert Rauschenberg est étonnante de modernité. Sans être du pop art à proprement parler il en est l’un des précurseurs. Il marie « la vie » et l’art  dans des Combines au carrefour entre collage, peinture, sculpture …

On peut donner libre cours à son imagination et interpréter à son gré. Il y a quelque chose de très pragmatique dans ces combines : l’artiste réutilise des objets de la vie courante, les « détourne » de leur sens, les associe les uns avec les autres pour en faire un tableau. On retrouve aussi beaucoup de symboles de l’Amérique, les pin up des années 50, des photos d’Eisenhower, des balles de base ball, sans parler de la fameuse chèvre…objets que Rauschenberg trouve dans les rues de New York. J’ai « lu » le monogramme comme l’affrontement entre nature et modernité, la société de consommation, le pneu, qui prend en otage la nature, les forces vitales de la société américaine représentées ici par la chèvre. Elle est belle, majestueuse, cette chèvre angora enserrée dans un pneu qui menace de l’étouffer et lui défend de se mouvoir comme elle le voudrait. L’artiste n’impose rien à chacun d’imaginer sa propre histoire.

J’aimerai avoir votre avis sur la question : Qu'est ce qu'une oeuvre d'art?

si le cœur vous en dit, laissez moi un commentaire

05 décembre 2006

Le ballet des mantas

Manta6 Mantas7 Mantas13 Mantas10_1 Mantas9 Mantas11 Elles arrivent quelques minutes à peine après nous fidèles au rendez vous. Qui est spectateur   : elles ou nous ?

Ça y est le ballet commence. Elles virevoltent, rivalisent de grâce, majestueux oiseaux des mers. Elles jouent avec les plongeurs heureuses d’être nos stars, sachant se faire attendre, désirer. J’en compte 4, nous sommes au moins 20 au balcon à les admirer avec nos yeux de gosses. Pauvres humains, grenouilles des mers éphémères, harnachés avec nos tuyaux, notre bouteille, difformes et « penaux » à la fois. J’aime plus que tout ce monde du silence et de la lenteur. Ici pas d’apparat pas d’apparence. Nous sommes tous aussi ridicules les uns que les autres, débarrassés de nos oripeaux sociaux. Démunis et vulnérables dans cet élément qui n’est pas le nôtre et qui pourtant nous donne des sensations de légèreté, on flotte, on vole.

Pas de faux semblants, comme si on retournait à l’essentiel. On ne triche pas sous l’eau, plus de jeu social, de compétition, à bas les masques !

Une illusoire égalité, le temps de quelques goulées d’air qui redevient si précieux … ça aussi je l’avais oublié.

Le monde sous marin force à l’humilité et à la vérité de ce que l’on est. Plonger avec un inconnu et très vite au bout de quelques escapades sous marine vous en saurez plus sur lui, sur elle, que ce que vous pourriez imaginer sur la terre ferme.

L’anxieux, le casse-cou, l’inconscient, l’égoïste, l’impatient, le timide, le lâche, l’intrépide, il est là devant vous tel que vous ne le verrez jamais.

Et puis et surtout c’est si beau. Me voila redevenue une petite sirène … j’aimerai tellement que cela dure.

Merci et bravo à Thomas pour ses superbes photos

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