Sarko vu par Yasmina
J'ai terminé dans la nuit le livre de Yasmina Reza sur Sarkozy. Je l'ai écouté sur France Inter cette semaine, j'ai lu quelques une des critiques dans les quotidiens: des bonnes, des moins bonnes, des mauvaises. J'ai refermé la dernière page avec un sentiment mitigé. J'ai aimé, beaucoup, son style, sa façon d'écrire. Ses phrases, sobres qui me font penser à des églises romanes, leurs dénuements, la pureté du style, les mots choisis avec soin et parcimonie. Je ne lui tiens pas rigueur, d'ailleurs quel droit aurais-je de le faire, de sa fascination pour le personnage. Comment ne pas succomber à son sujet ? Ne serais-ce que pour se convaincre qu'on ne s'est pas trompé? Nombreux sont ceux avant elle, historiens, biographes qui n'ont pu s'empêcher de flirter avec leur sujet. Sur le fond l'idée m'a séduite, le projet est intéressant, fascinant même . J'aurai aimé être aussi une petite souris dans les coulisses du pouvoir. Alors pourquoi un sentiment mitigé? Sur la forme ... autant j'aime, j'admire son maniement des mots, autant je peine sur la structure du récit . Au fil des pages cela devient un peu poussif. Je ne suis pas sûre que cette belle plume excelle vraiment dans ce genre littéraire. La contrainte du livre ne donne pas autant de liberté que l'écriture d'une pièce de théàtre. Trop décousu, manque de suspens, manque de ce petit plus qui donne une envie folle de tourner les pages. Et puis le sentiment d'un exercice non aboutit, de ne pas être allé au fond des choses. Les mots ne se suffisent pas à eux même. Ils leur faut de la substance sinon ils perdent de leur saveur. Un plat sans sel. Mais rien ne justifie ce procès d'intention qu'on a voulu lui faire. Je l'ai entendu honnête, du moins je veux le croire, chez Demorand, "désemparée" comme elle le dit elle même par ce tapage médiatique qui la dépasse et qui ne se justifie pas. Comme s'il fallait à tout prix ériger une grande muraille entre l'art, la littérature en l'occurance, et la chose publique, comme s'il fallait que l'humain s'efface toujours dernière le politique . Son Sarko est avant tout humain. C'est surement ce qui dérange le plus. Elle a désacralisé le héro des uns, le démon des autres.


Pas forvément facile de changer de genre.
J'aime bien ta conclusion : "Elle a désacralisé le héro des uns, le démon des autres. ". Effectivement, ça doit déranger. Les gens aiment bien adorer leur idole tranquilement ou vomir leur bouc émissaire. C'est comme selon.
Rédigé par: Benoît - FAPM | le 02 octobre 2007 à 18:36
Très belle chronique! Je découvre ton blog, je reviendrai...
Rédigé par: ecaterina | le 11 octobre 2007 à 14:41
@benoit: ça c'est bien dit
@ecaterina : tu es la bienvenue quand tu veux , je vais faire un tour chez toi.
Rédigé par: aodai | le 15 octobre 2007 à 00:21